Découvrez Thomas, notre Ambassadeur 2018

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05 avril 2018

Thomas BROUSSARD, ambassadeur 2018 du CFA des Sciences est étudiant apprenti en 4ème année du cycle Ingénieur EI-2I. Très impliqué, il est également bénévole pour une association en faveur des enfants en situation d’handicap.

 

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  • Thomas, tu es étudiant en 4ème année du cycle ingénieur EI-2I Polytech Sorbonne, peux-tu nous décrire ton parcours au sein du CFA des Sciences ?

 

« J’ai effectué une première année de DUT « Génie électrique et Informatique industrielle » en formation initiale. Pour l’année suivante, j’ai décidé de poursuivre mes études par le DEUST « SINE », Systèmes d’information, numérique et électronique, cycle préparatoire au cycle Ingénieur EI-2I. C’est un diplôme proposé par Polytech Sorbonne et le CFA des Sciences, par la voie de l’apprentissage. En réunissant un dossier complet avec l’ensemble des projets menés la première année du DUT, j’ai été accepté directement en 2ème année. Une fois le DEUST obtenu, j’ai poursuivi en cycle Ingénieur EI-2I. Au cours de ces deux cycles de formation Polytech Sorbonne, j’ai effectué mon apprentissage au sein de l’entreprise « ENERDIS », fabricant français d'équipements de mesure et de comptage pour la supervision des réseaux électriques et énergétiques. »

 

 

  • Très beau parcours ! En parallèle de tes études, il semblerait que tu soutiennes activement une cause qui te tient à cœur.

 

« En effet, je suis bénévole pour l’association « e-NABLE France », qui fabrique des mains sous forme de prothèse pour les enfants handicapés, uniquement en impression 3D. Ce sont des appareils qui sont imprimés en pièces détachées puis ces dernières sont assemblées. Fondée en novembre 2015, le but de l’association est de fournir aux enfants qui en ont besoin, des prothèses ludiques sur mesure, de façon totalement gratuite.  La présence de l’association est internationale, puisque « e-NABLE France » fait partie d’un réseau mondial, facilitant ainsi l’échange de savoirs et de techniques à travers le monde. Ainsi, toute une communauté en open source s’est développée. »

  • Quel est ton rôle dans l’association ?

 

« En tout premier lieu, je suis maker, donc je fabrique des appareils pour les enfants. Depuis peu, je contribue au développement de nouveaux appareils, en proposant des améliorations. Pour cela, je me base sur les retours obtenus de la part des enfants ainsi que leur famille. L’avantage avec l’impression 3D, c’est que l’on peut totalement personnaliser les mains, en choisissant la taille, les couleurs et même l’intégration de motifs ! Ainsi, l’enfant est inclus au processus de fabrication. On lui propose de dessiner un « prototype », qui sert de cahier des charges. C’est déjà très compliqué à vivre pour un enfant d’avoir une main en moins, en le faisant participer à la création de sa « nouvelle main », cela lui permet de mieux l’accepter. Ce qui est d’ailleurs très douloureux pour un enfant handicapé, c’est le regard des autres. Par exemple, nous avons eu le cas d’un petit garçon qui ne se sentait pas bien à l’école à cause de sa différence, on lui a donc fabriqué une main « Captain America », un super héros. Tous ses camarades étaient en admiration devant ce petit gadget unique. Il a agrandit son cercle d’amis et à gagner plus de confiance en lui. A leur âge, c’est très important. »

 

  • Finalement les autres enfants veulent le même et cela lui confère un certain sentiment d’exclusivité. D’ailleurs, comment se déroule le processus de fabrication d’une main ?

 

« Il faut compter une vingtaine d’heures d’impression, c’est à ce moment là que la machine travaille principalement. Vient ensuite l’assemblage, il faut compter une petite heure, ou éventuellement un peu plus, s’il y a besoin de faire des modifications. Le coût de fabrication d’une main est environ 50 euros seulement, la principale contrainte étant d’obtenir des matériaux que l’on ne peut trouver en grande surface. L’avantage avec l’impression en 3D c’est que s’il y a des pièces qui s’abîment, on peut les remplacer très facilement et rapidement. Même si le coût de fabrication est relativement bas par rapport à une prothèse médicale (environ 2000 euros), il faut garder à l’esprit que nos appareils ont avant tout un rôle social, et non, médical. »

 

  • Comment fonctionne la main ?

 

« Il a une plaque qui est située au dessus de la main dans laquelle on glisse sa main, le tout fermé par des scratches. Une simple flexion va permettre d’ouvrir ou de fermer la main, ce qui est relativement pratique pour certaines actions du quotidien, comme attraper un ballon, tenir un verre ou une corde, des actions qu’on ne peut pas faire au quotidien. »

 

  • L’entreprise dans laquelle tu travailles a-t-elle connaissance de ton investissement pour l’association ?

 

« Oui ! Et d’ailleurs, elle y contribue ! Lorsque j’ai besoin de matériaux ou autre pour entretenir l’imprimante 3D, par exemple, l’entreprise me l’accorde et m’autorise à prendre des composants, de la visserie, etc., pour l’association. Mes collègues sont informés de mon activité et demande régulièrement des nouvelles. J’en suis très reconnaissant. »

 

  • Est-ce que les apports de ta formation t’ont aidé à contribuer pour l’association ?

 

« Même s’il y a des choses que j’ai appris en autodidacte, j’ai développé de nombreuses compétences grâce à ma formation : par exemple, l’an dernier, nous avons eu des cours de mécanique où l’on a pu manipulé des logiciels de modélisation 3D. Cela m’a été très utile pour développer les appareils et faire de la modélisation moi-même. Mon expérience en entreprise est également très enrichissante, puisqu’elle me permet d’appliquer les connaissances théoriques acquises grâce à ma formation. Autre chose fondamentale que j’ai appris, mais plutôt au sein de l’association cette fois-ci, c’est prendre en compte l’aspect humain. L’Ingénierie étant un domaine très technique, il est parfois difficile de se rendre compte de l’importance des relations humaines. Je suis d’ailleurs très heureux de pouvoir mettre mes  compétences au service du handicap ! »

 

  • De nouveaux projets à venir ?

 

« Récemment, j’ai échangé avec le Président de l’association « ROBOTECH » qui est à Polytech Sorbonne sur un projet de conception de mains au niveau électrique, pour le DEUST « SINE » de 2ème année. Je n’ai jamais eu l’occasion de développer des prothèses électriques, ce sera l’occasion d’apprendre et d’apporter mes connaissances au niveau technique. Ce projet débutera en mai 2018 et sera encadré en collaboration avec les responsables universitaires. Après la fin de ma formation, je pense également continuer de contribuer pour l’association, car au terme de 2 années en tant que bénévole, je me suis fait beaucoup de relations et je m’y sens très bien. »

 

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