Rencontre avec Nathalie OBERT-BEN TAIEB

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12 avril 2017
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Nathalie OBERT-BEN TAIEB
Responsable pédagogique - CFA des Sciences
« L’apprentissage est un système gagnant-gagnant, à la fois pour le jeune et l’entreprise où chacun voit un objectif croisé. »

« Au CFA des Sciences, je suis Responsable Pédagogique de deux pôles : Le pôle Qualité-Environnement et le pôle Statistiques, rattaché à l’Institut de Statistiques de l’université de Paris (ISUP). Pour ce pôle, je suis également chargée de relation entreprise, de ce fait, je m’occupe du suivi des apprentis.
Mon rôle se place, en amont, pendant et en aval des formations. Après leur diplôme, je garde contact avec nos apprentis, pour savoir ce qu’ils sont devenus, et pour leur diffuser des offres, ce qui fait partie des relations que l’on peut avoir avec les jeunes et les entreprises. Il y a également une relation très forte avec l’université, à travers les responsables de formation, puisqu’il faut ensemble gérer les formations, mais aussi avec les entreprises. Sans ces partenaires, l’apprentissage est impossible. 
»

 

  • Le pôle Environnement

« Les thématiques du développement durable étant de plus en plus ancrées au niveau des entreprises et des pratiques, les formations ont su évoluer aussi dans cette logique. Le pôle Qualité-Environnement a une cohérence orientée développement durable quelque soit le diplôme.
Dans le développement de nos parcours, nous avons la volonté de mêler les formations en prenant en compte les logiques et les bonnes pratiques d’un secteur ou l’autre.
Quand une thématique est porteuse, c’est une voie d’avenir pour les jeunes, la concurrence arrive. Nous avons notre spécificité puisque nos formations se font en partenariat avec l’université Pierre et Marie Curie qui délivre les diplômes, assure l’enseignement et exige un certain niveau d’excellence. Une fois diplômés, les jeunes ont à la fois un niveau d’études intéressant et un grand degré d’autonomie du fait de la gestion de nombreux projets, et des méthodes de travail. Puisque nous sommes dans des formations en apprentissage, la dimension entreprise est très importante, elles sont nos partenaires directes et contribuent autant que nous à la formation de ces futurs professionnels.
Ce partenariat est essentiel, en amont nous travaillons et échangeons, sur les nouveaux projets, les unités d’enseignements, les nouvelles connaissances qu’il est nécessaire d’avoir pour aborder les nouveaux métiers… Lors des réunions de rencontre annuelle avec les responsables de formation ou lors du suivi des apprentis en entreprise, ce sont des points sur lesquels nous échangeons. Nous essayons de faire évoluer les diplômes et de les faire correspondre à la demande du marché. 
»

 

  • Qu’est ce qu’apporte l’apprentissage aux étudiants ?

« L’apprentissage, quelque soit le niveau, est un système gagnant-gagnant, à la fois pour le jeune et l’entreprise où chacun voit un objectif croisé.
Nous avons des jeunes gens qui sont beaucoup plus autonomes, qui peuvent remplir un certain nombre de missions et sont bien intégrés, ce qui est un réel retour sur investissement. Ils font partis de la structure où ils ont un rôle à jouer et sont considérés comme un salarié. Même si pour le jeune, il est difficile de tenir le rythme, de travailler et en même temps de mener ses études, parce que nous sommes exigeants dans les deux cas de figure, l’importance est que l’investissement soit fort pour l’entreprise et pour le jeune. Ainsi le système est forcément évolutif et le bilan est positif. Parfois les jeunes gens sont, soit employés dans leur structure, soit trouvent très facilement du travail. En effet, le pourcentage des apprentis qui trouvent un emploi dans les 7 mois après leur diplôme est élevé (91% d’insertion professionnelle). 
»

 

  • Nous pouvons voir une réelle évolution des apprentis avant et après leur diplôme ?

« Nous constatons une maturation très forte du jeune, entre l’entrée dans la formation et à la fin lors de la soutenance. Nous ne retrouvons plus la même personne dans l’habillement, l’attitude, le côté professionnel, les réponses aux questions, la façon d’exposer les problèmes. Nous voyons qu’à la fois la formation universitaire et l’entreprise ont fait leur oeuvre, l’apprenti a fortement évolué.
Ce qui est très porteur, c’est que les entreprises qui ont recruté nos apprentis, après leur diplôme, nous disent que lorsqu’ils reçoivent ces jeunes gens en entretien, ils sont en présence de vrais professionnels, donc la valeur ajoutée est certaine. 
»

 

  • La formation universitaire et l’entreprise sont complémentaires pour former les jeunes de demain ?

« Oui, pour avoir un niveau d’études nécessaire, pour aborder les sujets et avoir un certain degré d’autonomie, ils atteindront une ouverture d’esprit qu’il est nécessaire d’avoir pour traiter leurs missions. Ce spectre large que l’on essaye d’obtenir dans chacune de nos formations permet une vision propice à l’adaptabilité souhaitée, pour leur carrière professionnelle. »

 

  • Quels sont les avantages pour eux de faire une formation ici, dans le pôle Qualité-Environnement ?

« Les thématiques sont porteuses et n’ont jamais décru en entreprise. Ce sont des métiers actuels nécessaires et incontournables. L’environnement reste un vaste domaine, mais nous avons su déterminer les métiers que nous faisons prospérer dans les formations. Nous avons une exigence au niveau du contenu de la formation et du niveau requis pour accéder à ces formations en apprentissage.
La motivation est la clé du recrutement, l’apprenti doit être en phase avec ce que lui demande l’entreprise. Les jeunes qui intègrent ces exigences en amont réussiront leur formation au CFA des Sciences. De ce fait, nous avons à coeur de proposer un suivi en amont des jeunes en leur apportant une aide et des outils concrets, notamment pour la recherche d’entreprise. Ces outils sont précieux et pratiques puisqu’ils pourront les réutiliser lors de leur recherche dans leur carrière professionnelle future.
Du fait de ce suivi, de la gratuité et de la qualité de ces études, de la rémunération des jeunes, du pourcentage de placement et de réussite, ce sont de réels atouts nous sommes à même de proposer des formations très attractives pour intégrer le marché du travail. 
»

 

  • Quels conseils-donneriez-vous à des étudiants qui souhaitent faire de l’apprentissage ?

« L’apprentissage peut faire peur, nous avons parfois l’impression que la partie théorique va suffire pour travailler et aborder le monde professionnel mais le choc est rude, quand on quitte ses études et que l’on a jamais travaillé. Les jeunes devront assimiler à la fois les missions qui leur sont confiées mais également un certain savoir-faire et savoir-être, le décalage peut parfois être considérable. Par l’apprentissage, le jeune obtient les bonnes pratiques et se place dans la réalité du monde du travail. La marche à franchir sera moins haute et l’intégration saura d’autant plus facilitée.
Trouver une entreprise n’est pas simple mais si l’on veut, on peut. S’ils adoptent les conseils que nous leur donnons normalement tout aboutit parfaitement. Le conseil que je donne est « Lancez-vous, et puis vous verrez bien, car le bénéfice est tellement énorme que cela vaut la peine de se mettre en danger. 
»

 

  • Avez-vous autres choses à ajouter ?

« C’est vrai qu’à travers la relation que nous avons eue avec les apprentis, que nous avons suivis en amont, pendant leur placement, leurs études, un lien se crée. La confiance que l’on s’est accordée perdure. Les jeunes gens, déjà en poste ou hésitants sur le choix d’un métier, viennent nous demander conseil pour leurs choix, ce qui prouve que nous avons un apport et un point de vue qui continue de les rassurer et les intéresser. »