Rencontre avec Thomas BROUSSARD, apprenti Ingénieur et bénévole

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27 juin 2017
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Thomas Broussard
Apprenti en cycle Ingénieur EI-2I 3 - Polytech Paris UPMC
« Être bénévole m'apporte ce qu'on ne peut pas apprendre en formation, le relationnel et le côté humain. En encadrant des enfants j'ai beaucoup appris. »
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E-Nable

E-Nable est une communauté de bénévoles développant des technologies d’assistance abordables aux personnes atteintes d'handicap, comme des prothèses de main imprimées en 3D. E-Nable fourni une aide et un accompagnement de façon totalement gratuite.

La prothèse de main est totalement mécanique (sans moteur). En pliant le poignet, de fins câbles fixés au niveau de l’avant-bras vont actionner les doigts et le pouce afin de les fermer et d’agripper. En relâchant le poignet, la main s’ouvre d’elle-même. Si le design standard ne convient pas, d’autres sont disponibles (pour les avant-bras sans poignet par exemple). Les utilisateurs peuvent personnaliser la main en envoyant des croquis du modèle souhaité. Ils sont accompagnés par les makers, qui vont ensuite produire ces modèles uniques.

 

 

Devenir bénévole, concours de circonstances

C'est par hasard que Thomas a croisé la route de Thierry OQUIDAM, qui lui parle du projet e-Nable France. L'initiative lui plait, en effet Thomas est sensible aux différentes utilisations que permettent les imprimantes 3D et le fait de pouvoir allier cette technologie à une oeuvre sociale et pratique l'intéresse. Les deux hommes restent en contact, lorsque l'association se crée, Thomas rejoint les équipes de makers.

 

Etre Maker c'est quoi ? 

 

  • Être maker, c’est d’abord un état d’esprit. C’est aimer fabriquer, bricoler, réutiliser, réparer, détourner, transformer, améliorer. Être maker c’est aimer faire.
  • Être maker e-Nable France, c’est, en plus de tout cela, être philanthrope et souhaiter offrir, une fois de temps en temps, un peu de matériel, de temps et d’expertise, pour changer, un petit peu, la vie d’une personne.

 

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Thomas s'est créé son atelier, chez lui, où il dispose d'une imprimante 3D. Il met au service de l'association ses compétences, son temps, mais aussi son relationnel et sa bonne humeur. Thomas ne fabrique pas simplement une main, il construit une relation avec des familles, des enfants, qui lui font confiance. 

 

 

 

Allier cours, entreprise, bénévolat, c'est possible !

«

J'arrive à concilier mes activités grâce à l'organisation de l'association, qui n'est pas contraignante au niveau de la gestion de l'emploi du temps. Chaque maker s'occupe d'une personne et gère en fonction des rendez-vous, de la conception, de l'assemblage... Il y a également des événements liés à l'association sur lesquels je peux être amené à être positionné.

Généralement, quand tout se passe bien, appareiller un individu met environ un mois. Le plus long c'est finalement le temps de conception et d'échange. En fonction des emplois du temps de chacun, cela peut durer plus longtemps. 

On appareille surtout des enfants, qui ont entre 4 et 10 ans. Il faut faire des points réguliers pour ajuster la main, car c'est une période où l'enfant grandit vite. Nous restons en contact avec l'enfant et sa famille pour ré-imprimer des éléments d'ajustements.

Pour créer une main, il faut compter une vingtaine d'heures d'impression, durant laquelle la machine travaille principalement. Ensuite, l'assemblage dure en moyenne une heure. La fabrication d'une main est d'environ 50€. 

»

Technicien, mais pas que...

«

Notre rôle est avant tout social. Nous n'avons pas d'agrément médical, l'objectif n'étant pas de remplacer une prothèse médicale. Nous proposons un outil permettant d'améliorer le quotidien des personnes atteintes de handicap en facilitant certains gestes, mais aussi, en essayer de combler le manque d'un membre.

Pour les enfants, les prothèses de main vise à une meilleure intégration de l'enfant dans sa vie sociale. L'idée étant que l'enfant ne pense plus à "ce qui lui manque" mais lui proposer "quelque chose en plus". Il choisi l'apparence de sa main avec l'intégration éventuelle de différents motifs (Batman, Iron man...) et parfois, il s'implique même dans le montage. C'est gratifiant pour l'enfant.

»